Pourquoi ce texte fait-il mal à la tête ?

En lisant ce qui suit, je me suis demandé ce qui en rendait la lecture un peu pénible. Il s’agit de l’introduction d’un article rendant compte des résultats d’un programme de recherche.

« La question des relations entre économie de la connaissance et métropolisation constitue une interrogation forte du programme. Elle s’explique sans aucun doute par la conjonction entre deux phénomènes : d’un côté, l’attrait pour le thème de l’économie de la connaissance manifesté par l’ensemble des collectivités partenaires[du programme de recherche] ; de l’autre côté, le souci des chercheurs, mais aussi leur intérêt, à tester la légitimité de l’économie de la connaissance comme objet scientifique ainsi que le bien-fondé de sa relation supposée à la métropolisation. Les équipes ont travaillé dans des perspectives assez différentes, en s’appuyant néanmoins sur des écrits scientifiques et sur l’analyse des projets urbains dans les villes étudiées. Au terme de ce programme, de très nombreux enseignements peuvent être dégagés. » [119 mots]

J’ai eu envie de le retoucher pour le rendre plus fluide.
Cela donne ça :

« Les relations entre économie de la connaissance et métropolisation ont constitué une interrogation forte du programme. L’intérêt manifeste et général des collectivités partenaires [du programme de recherche] pour l’économie de la connaissance a croisé l’aspiration des chercheurs à vérifier sa recevabilité comme objet scientifique, mais aussi sa relation, supposée, à la métropolisation. Les équipes ont travaillé dans des perspectives assez différentes, mais toutes se sont appuyées sur des écrits scientifiques et sur l’analyse des projets urbains dans les villes étudiées. Le programme a donné lieu à de très nombreux enseignements. » [88 mots]

Ce faisant, j’ai repéré tous les écueils sur lesquels butte la lecture. Ils sont soulignés ci-dessous.
« La question des relations entre économie de la connaissance et métropolisation constitue une interrogation forte du programme. Elle s’explique sans aucun doute par la conjonction entre deux phénomènes : d’un côté, l’attrait pour le thème de l’économie de la connaissance manifesté par l’ensemble des collectivités partenaires[du programme de recherche] ; de l’autre côté, le souci des chercheurs, mais aussi leur intérêt, à tester la légitimité de l’économie de la connaissance comme objet scientifique ainsi que le bien-fondé de sa relation supposée à la métropolisation. Les équipes ont travaillé dans des perspectives assez différentes, en s’appuyant néanmoins sur des écrits scientifiques et sur l’analyse des projets urbains dans les villes étudiées. Au terme de ce programme, de très nombreux enseignements peuvent être dégagés. »

Que l’auteur, s’il me lit, ce qui est plus que douteux, me pardonne la petite analyse qui suit.

1. Question : question + interrogation = répétition malvenue. Le mot question n’est d’ailleurs pas nécessaire.

2. Elle s’explique : qu’est-ce qui s’explique, l’interrogation ou sa force ? Le pronom elle ne peut pas renvoyer à l’adjectif forte.

3. Conjonction entre : il faut écrire conjonction de. Cette métaphore astronomique est en outre peu judicieuse

4. D’un côté… de l’autre : s’il y a conjonction, il n’y a pas deux côtés.

5. L’attrait pour : incorrect. Il faut écrire l’attrait de… sur

6. Le thème de : inutile

7. Manifesté par l’ensemble : un peu lourd (là on est sevère)

8. Souci : registre domestique un peu péjoratif

9. Mais aussi leur intérêt : ils ont donc réussi à y trouver quelque intérêt malgré le souci occasionné ?

10. À : souci à n’est pas correct, intérêt à ne s’applique à un intérêt intellectuel

11. Tester : on se demande si ce qui suit a réellement fait l’objet d’un test à proprement parler

12. Légitimité : connotation juridico-éthique un peu gênante dans un contexte scientifique

13. Le bien-fondé de sa relation supposée : plus exactement, le bien-fondé qu’il y a à lui supposer une relation etc. Le bien fondé d’une relation, surtout supposée, cela veut dire quoi au juste ?

14. Néanmoins : il manque le mot toutes

15. Au terme de ce programme : pourquoi insister sur le terme ? Le gong a sonné, on ramasse les copies ?

16. Peuvent être : on aime à penser qu’ils l’ont été…

17. Dégagés : un peu vaporeux, peut-être ? (sévère, encore…)

Conclusion :
Erreurs de syntaxe (surtout), métaphores et registre lexical peu appropriés, sous-entendus involontaires… Autant de défauts qui gâchent le plaisir de lire et requièrent un effort supplémentaire pour parvenir à la pleine compréhension de ce que l’auteur veut dire.