Êtes-vous sûr que vos textes ont un sens ?

S’il n’a pas de sens, un texte n’a pas d’intérêt. Bon, si c’est pour dire ça, pas la peine d’en faire une page. Mais pas si vite : qu’est-ce que le sens, au juste ? Assez ironiquement, le mot sens a de multiples… sens.  Il est important de les reconnaître pour produire un texte réellement intéressant, comme le montrent ces quelques exemples.

Exemple n°1

L’article que vous êtes en train de lire.

  • Quel SENS y a-t-il pour moi à écrire cet article ? Vous faire savoir, ami lecteur, que je peux vous aider à construire des textes qui ont du sens. C’est ma MOTIVATION.
  • Quel doit être le SENS de cet article ? Vous montrer que la question du sens est plurielle et qu’à défaut de bien la poser, on risque d’écrire un texte sans intérêt. C’est mon INTENTION.
  • Quel est le SENS de la phrase précédente ? Elle me paraît claire : sa SIGNIFICATION est juste et je ne doute pas que vous la compreniez.  

Ça peut paraître un peu élémentaire, mais il n’est pas si fréquent que l’on se préoccupe (consciemment) de la question du sens au-delà de la signification des phrases.

L’exemple suivant représente un cas rare, dans lequel ces trois acceptions du mot « sens » — motivation, intention et signification — sont bien présentes.

Exemple n°2

Un promoteur répond à un appel d’offres pour la réalisation d’un programme immobilier innovant (forcément…).

  • Sa motivation est de gagner.
  • Son intention est de démontrer qu’il répond « mieux que bien » au cahier des charges.
  • Il décrit son projet en s’attachant à être clair.

Il est évident que les trois niveaux de sens sont liés. Tellement liés que, en travaillant à l’élaboration de son projet, notre promoteur ne cessera de passer de l’un à l’autre pour mettre toutes les chances de son côté.

  • Pour gagner (motivation), il cherchera à connaître les attentes profondes du client et ses critères de sélection, exprimés ou non.
  • Pour démontrer (intention), il lira plutôt vingt fois qu’une le cahier des charges afin d’être sûr d’y répondre point par point.
  • Il décrira (signification) son projet en tenant le plus grand compte de ce qui précède, qui va fortement orienter sa présentation.

ici, la question du sens se pose assez naturellement sous la pression de l’enjeu commercial : il faut convaincre.

Mais les choses ne sont pas toujours aussi nettes. La plupart du temps, il n’y a ni client, ni appel d’offres pour motiver le texte, ni cahier des charges pour cadrer l’intention. On se sent moins tenu de convaincre. Le risque est grand de produire un texte purement descriptif donc sans grand intérêt.

Pourquoi sans intérêt  ? Parce qu’il ne s’adresse pas à l’intelligence du lecteur. Il ne s’adresse en réalité à personne. 

Exemple n°3

Madame X rédige un compte-rendu de ses activités de l’année écoulée.

Elle le fait parce qu’on le lui a demandé, elle ne veut rien démontrer de particulier et s’exécute donc sans intention ni motivation énoncées. Le résultat sera une suite de paragraphes clairs, peut-être, mais formant un texte globalement vide de sens et, pour cette raison même, ennuyeux, même s’il est parfaitement informatif.

C’est une caricature, mais vous voyez où je veux en venir. C’est le sens qui fait l’intérêt du texte. Le reste n’est qu’information ou, comme on dit aujourd’hui, donnée.

Que vous écriviez un article, un compte-rendu d’activité, un rapport de mission… demandez-vous toujours où sont votre motivation et votre intention. Votre lecteur vous remerciera de prendre son intelligence en considération et votre travail sera alors réellement intéressant et utile.