Faire ou parfaire : on peut choisir

Voyons voir… ça fait des semaines que vous travaillez à la rédaction de ce dossier. Une demi-douzaine de relecteurs y ont glissé où ils pouvaient leur propre contribution. Version après version, votre texte s’allonge, il y a des redites, des longueurs, et toujours des manques. Le plan n’est décidément pas génial, mais à ce stade, vous n’allez pas tout recommencer.

Si vous aviez délégué ce travail à un rédacteur qualifié, vous seriez aujourd’hui dans une situation bien plus avantageuse. Comme celle de mon client Hassan qui aime à dire : je ne sais pas écrire, mais je suis très fort pour relire !  De fait, sa rigueur et son sens de la nuance trouvent toujours à s’exprimer lors de ces fameuses relectures.

Sa langue maternelle n’étant pas le français, son aveu d’incompétence rédactionnelle (très exagéré au demeurant) ne lui coûte rien.

Mieux, il est à l’abri de trois a priori qui expliquent peut-être pourquoi vous vous battez encore avec votre texte quand vous seriez bien plus utilement occupé à autre chose.

A priori n°1
Seul un spécialiste (vous par exemple) peut traiter certains sujets.

C’est sans doute vrai, mais il ne faut pas confondre compétence technique et compétence rédactionnelle. Ce n’est pas parce que vous êtes le mieux placé pour traiter un sujet sur le fond que vous l’êtes aussi pour appliquer les techniques d’écriture appropriées. En revanche, un binôme avec un rédacteur peut parfaitement fonctionner.

A priori n°2
Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément.

Mal écrire serait donc mal penser, et donc ne pas mériter son salaire ou son statut ! En fait, ce n’est pas si simple. Rares sont les individus chez qui l’écriture est le débouché naturel de la pensée. Et elle demande deux choses dont les gens occupés ne disposent de toute façon pas en quantité suffisante : du temps et de la concentration.

A priori n°3
Toute personne ayant fait des études supérieures a appris à écrire.

Ce serait trop beau ! Et même si c’était vrai, ce qu’on apprend pour satisfaire un professeur ne sert à rien dans le monde professionnel. Il faut commencer par désapprendre tout ce qu’on a appris à l’école pour se poser les trois seules questions qui valent : qui va me lire, comment capter son attention, comment le convaincre ? Et appliquer un ensemble de règles qui n’ont l’air de rien mais qui changent tout.

Vous reconnaissez-vous ? La prochaine fois que vous devrez produire un écrit important, demandez-vous si vous n’aimeriez pas vous mettre, vous aussi, dans la position du relecteur.

Comme Hassan, qui a parfaitement compris que, en matière de rédaction, son énergie est mieux employée à parfaire qu’à faire.

Au fait, ce fameux rapport, je peux aussi vous aider à le terminer, si vous voulez !